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 LE BISMARCK

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Navire préféré : Cuirassés et vaisseaux de ligne..

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MessageSujet: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyLun 21 Juin 2010, 17:03



LE BISMARCK - VOICI LE RECIT DE SURCOUF IN-EXTENSO ADDITIONNE DE PHOTOS PUBLIEES PAR AD'HOC.

BISMARCK PAR SURCOUF


ref:http://www.kbismarck.com/photo029.html
Aujourd'hui abordage d'un gros sujet qui devrait plaire à tous. L'histoire de l'opération Rhin, dernière sortie du Bismarck vue du coté Allemand uniquement. Gros travail de recherche, mais facilité par le livre de C.S Forester
"coulez le Bismarck" (j"ai lu), mais surtout celui de Robert D.Balard "la découverte du Bismarck" (Glénat)remarquablement précis.Travail au long cours, donc Je livrerai l'histoire en plusieurs fois, sans doute sur plusieurs mois. Début aujourd'hui. Bonne lecture.
Surcouf.


Gotenhafen ,Pologne occupée 19 mai 1941 :
2 h du matin

A bord du Bismarck tout l’équipage est à l’écoute d’un événement important. Le capitaine Linderman sous les ordres de l’amiral Lutjens annonce dans les hauts parleurs :
« Marins du Bismarck, nous avons pour mission d’atteindre l’Atlantique et couler le maximum de navires Anglais, le Reich compte sur votre dévouement et courage pour mener à bien cette mission ».
Chaque marin rejoint son poste d’appareillage. Les chaines remontent dans les écubiers. C’est le début de l’opération Rheinübung(opération Rhin).
L’impressionnant cuirassé encore recouvert de son camouflage d’entrainement profite de l’obscurité pour quitter son mouillage. Cap à l’ouest.
L’amiral Lutjens sur la passerelle regarde avec satisfaction l’horizon sombre dégagé de tout navire. Lui même et ses supérieurs du groupe Nord à Wilhelmshaven ont décidés de bloquer tout trafic maritime le 19 et 20mai dans le grand Belt, passage traversant du Nord au Sud les iles du Danemark, ainsi que dans le Kattegat qui sépare le Danemark de la Suède. Ceci afin d’éviter d’être repérés par des espions sur des navires.
Le Bismarck avance impressionnant vers son rendez vous avec le Prinz Eugen au cap Arcona sur l’ile de Rügen dans l’ouest de la Baltique.
Le Prinz Eugen est commandé par le capitaine de vaisseau Helmuth Brinkmann. Il a quitté Gotenhafen la veille au soir.
A Arcona les deux navires se retrouvent comme prévu. Ils sont rejoints par 2 destroyers et une flottille de dragueurs de mines. Tous profitent de la nuit pour traverser le grand Belt.
20 mai :
Le convoi pénètre dans le Kattegat large baie formée par le nord du Danemark et le sud de la Suède.
La flotte se dirige ensuite vers le nord en vue de la côte Suédoise vers le Skaggerak le détroit séparant le Jutland du sud de la Norvège.
21 mai :
Dans l’après midi au large de Marstrand le porte avion Suèdois Gotland repère le convoi et envoie un message radio.
Dans la salle radio du Bismarck on décrypte ce message. Le Gotland informe le gouvernement Suédois de la présence du cuirassé dans leurs eaux.
— informez le groupe nord que notre position est comprise. Ordonne Lutjens.
Quelques heures plus tard, Henri Denham l’attaché naval Anglais, transmet la nouvelle à Londres.
Pourtant à bord du Bismarck il règne presque une atmosphère de vacances. Les hommes qui ne sont pas de service trainent sur le pont admirant le paysage des fjords.Impossible devant un tel spectacle de se croire en guerre.
A la nuit les navires doublent Kristiansand à la pointe méridionale de la Norvège. Mais sans le savoir, ils sont repérés par des membres du service secret Norvégien qui transmettent l’information à Londres.
Ainsi avant même d’atteindre l’Atlantique le Bismarck est parfaitement localisé.
Les Anglais peuvent déjà prendre des dispositions pour l’intercepter. Sans toutefois connaître ses intentions véritables, ce qui laisse de multiples possibilités et va couter cher en navires.
Le cuirassé pouvait-il choisir une route plus simple, plus discrète ?.
A cette question l’Amiral Raeder à répondu que la seule autre route était encore plus risquée. Le canal de Kiel et l’Elbe régulièrement bombardée par les Anglais.
21 mai :
Le Bismarck et le Prinz Eugen se rendent dans le Fjord de Grimstad près de Bergen pour refaire le plein. Cet arrêt n’était pas prévu. En réalité ils avaient rendez vous avec le pétrolier Weissemburg les attendant dans la mer de Norvège.
Quand Linderman fait la remarque à l’amiral Lutjens ce dernier réplique sèchement :
— Je veux permettre au Prinz Eugen qui a des réservoirs plus petits que les nôtres de faire le plein. Ainsi il pourra attaquer avec nous immédiatement.
Linderman trouve ce ravitaillement risqué. Bergen est à proximité des terrains d’aviation Britanniques. Il craint les avions d’observation.
Il a raison.
A 13h15 un Spitfire les survole à haute altitude.
Les postes de DCA ont à peine le temps de réagir que l’avion a disparu.
Pendant que le Prinz Eugen remplit ses réservoirs, de nombreux hommes prennent le pinceau pour effacer le camouflage du Bismarck et lui donner une teinte gris Atlantique.
Sur le pont le lieutenant de vaisseau Müllenheim-Rechberg se demande pourquoi le Bismarck ne refait pas lui aussi le plein.
Malgré les suggestions en ce sens Lutjens maintien sa décision. Le Bismarck ne complétera pas son plein à Bergen. Pourquoi ?
Il est probable que Lutjens anticipe l’arrivée des bombardiers Britanniques suite à la visite du Spitfire(1). Il ordonne l’appareillage :
—Cap sur la mer du Danemark.
19h30 :
Le Bismarck quitte son mouillage avec 1100 tonnes de fuel en moins.
Pendant ce temps les services secrets Nazis interceptent un message radio ordonnant à la RAF d’intercepter les navires Allemands.
Le Bismarck et le Prinz Eugen gagnent la haute mer. Les marins s’affairent à leurs tâches. Les quarts se succèdent.
4 H de veille et 4h de repos. La moitié des canons sont maintenus armés en permanence.On tourne les tourelles sur le côté afin d’éviter l’eau de mer dans les tubes.A son poste de DCA , Aloïs Haberditz a froid. L’air est glacial. Il pense à la chance de ceux qui sont protégés dans les tourelles.

(1) Lutjens avait vu juste, la nuit même le fjord était bombardé par lesBritanniques. Les lueurs de l’attaque furent visibles du cuirassé.

Au fond du cuirassé, Hans Zimmermann finit sa veille dans la salle des chaudières. Tout est en ordre.
Sur la passerelle de commandement Ernst Linderman est contrarié.
Pourquoi passer par la mer du Danemark et non par les iles Féroé ?.
C’était de son point de vue plus simple et rapide pour atteindre l’Atlantique.
Mais les ordres sont les ordres, et Lutjens ne transige pas. Il veut sans doute surprendre les Anglais en passant au ras de la banquise.
Jeudi 22 mai :
Le Bismarck et le Prinz Eugen se séparent de leur escorte de destroyers et dragueurs de mines. On recouvre les svastikas Nazis trop voyants(2) qui servaient àl’identification par la Luftwaffe durant l’entrainement du navire.
La météo est en faveur de Lutjens. Ciel brumeux et couvert.
— vitesse 24 nœuds. ordonne l’amiral.
L’énorme cuirassé ralentit légèrement dans les vagues glacées.
—C’est une faible vitesse pour atteindre les convois avant d’être intercepté par les Anglais. Remarque Linderman.
—j’ai décidé de faire des économies de carburant depuis que nous avons renoncé au ravitaillement auprès du pétrolier Weissenburg. Rétorque l’amiral.
Alors pourquoi avoir renoncé à ce rendez vous ?. Pourquoi ne pas avoir réapprovisionné le Bismarck en même temps que le Prinz Eugen ?.
Décidément entre Lutjens et son capitaine c’est l’incompréhension totale.
C’est la rigidité et l’expérience contre le dynamisme et la stratégie.
Impossible de faire changer d’avis l’amiral. Lutjens reste insondable.
Tandis que le Bismarck vogue vers le nord, un autre amiral se rend à Berchtesgaden au Berghof.
C’est Erich Raeder pour un rapport sur la situation maritime.
Hitler arpente l’immense pièce dont les baies vitrées donnent sur la montagne. Il est furieux :
—Ainsi Raeder,vous ne tenez pas compte de mes instructions. J’avais pourtant interdit de risquer le Bismarck dans l’opération Rhin. J’ordonne son rappel immédiat!.
L’amiral a le plus grand mal à convaincre le Führer de maintenir le cuirassé en opération.Finalement, il réussit à le persuader que pour des questions de prestige et de moral dans la marine le rappel du Bismarck serait catastrophique.
jeudi 22 mai :
Lutjens reçoit 3 messages radio de Berlin :
1-« confirmons notre hypothèse. Stop. Attaque non encore détectée par ennemis. Stop ».
2-(message en provenance de la Luftwaffe au dessus de scapa Flow) disant:
—« Quatre navires de guerre dont 1 porte avion, plus apparemment 6 croiseurs, plusieurs destroyers. Aucun changement de position depuis le 21 mai. Passage à travers le détroit du Danemark non détecté ».
3- Le troisième message confirme les 2 premiers.
Donc depuis le survol du Spitfire, les Allemands sont persuadés qu’aucun navire Anglais n’a appareillé pour intercepter la route du Bismarck et du Prinz Eugen. Ce qui est une grossière erreur.
23 mai 12h :
Le Bismarck et le PE arrivent à proximité du détroit du Danemark.
Normalement ils devraient être prudents, car du cap nord de l’Islande jusqu'à la côte du Groenland il existe un champ de mines Anglais franchissable seulement sur 30 à 40 milles.
Mais Lutjens veut passer le détroit du Danemark en force :
–Vitesse 27nœuds.
A bord on se regarde. Non seulement il y a les mines, mais maintenant le cuirassé augmente sa vitesse à travers les icebergs.

(2)On ignore toujours si elles étaient recouvertes de bâches ou peinture, le fait qu’elles soient toujours apparentes aujourd’hui ferait pencher la balance en faveur des bâches)

Bismarck ou Tirpitz je pense qu'on œuvrait de même pour la peinture d'identification
Bon revenons à notre histoire, a ce propos je signale que les dialogues et l'histoire sont tirées du livre de Robert D Ballard nettement à jour par rapport à Forester grâce à l'ouverture des archives et témoignages des survivants (ayant entendus les ordres grâce aux appareils du bord)..Merci de votre intérêt pour ce topic. Par contre à la fin je proposerai ma version de la fin du Bismarck (cette fois sur les constatation de James Cameron sur la coque intacte).


18h :
Alerte. Navires à tribord !.
Chacun se précipite à son poste. Finalement c’est la présence des icebergs qui affole le radar.
19h22 :
Nouvelle alerte. Cette fois les hydrophones et radar signalent un navire par bâbord avant (Le Suffolk).Mais il disparait avant que le cuirassé se mette en position de tir.
Un autre navire apparait brusquement devant le Bismarck (Le Norfolk)
Le cuirassé lui envoie une salve de 380 qui le frôlent avant qu’il disparaisse dans la brume.
Mais les vibrations des 380 endommagent le propre radar du Bismarck. Lutjens ordonne au Prinz Eugen de se mettre en avant pour le guider.
La radio du cuirassé capte l’alerte donnée par les Anglais.
Lutjens est découragé. Déjà 2 croiseurs à ses trousses !. Il sait qu’il va avoir du mal à les semer. Toute l’Angleterre est maintenant au courant de sa position.
—Regardez,dit l’amiral à Linderman. Même dans la brume ce croiseur nous suit à la trace.
Il ordonne alors de faire demi-tour brusquement pour surprendre l’adversaire. Mais l’Anglais a un radar supérieur. A chaque fois le croiseur s’échappe et le cuirassé débouche sur une mer vide.
Lutjens ne sait pas encore que le Hood et le Prince of Wales sont sur sa piste.
Il pense avoir du temps pour organiser une manœuvre avec le Prinz Eugen pour se débarrasser des 2 croiseurs.
Mais bientôt la radio intercepte des messages prouvant l’approche de navires Anglais.
Lutjens est impressionné par la puissance des radars Anglais sur de vieux croiseurs. Il informe le groupe nord de cet inconvénient.
Linderman le trouve préoccupé, mais l’amiral ne se confie pas.
Le Bismarck et le Prinz Eugen obliquent vers l’ouest pour suivre les bords de la banquise du Groenland.
Profitant de l’obscurité Lutjens essaie à nouveau de semer ses poursuivants.
Le Bismarck change de cap et se cache dans une bourrasque de neige. Puis se retourne brusquement.
C’est à devenir fou. Comme un boxeur lourd face à deux poids légers, le Suffolk et le Norfolk jouent à esquiver les attaques du cuirassé et à le rattraper dans sa fuite. Tout ceci coute cher en mazout.
On peut se demander pourquoi le Prinz Eugen n’intervient pas pour les piéger.
Mullenheim Rechberg comme le reste de l’équipage passe la moitié de la nuit à guetter et l’autre à essayer de dormir. Ils aperçoivent les Anglais au télémètre stéréoscope très efficace la nuit.
24 mai 5h du matin :
Le capitaine Brinkmann informe Linderman que les hydrophones du Prinz Eugen ont enregistrés le son d’hélices tournant à grande vitesse.
—« sonnez l’alerte » Ordonne Lutjens.
Quelques minutes plus tard on aperçoit la fumée des navires Anglais arrivant à toute vitesse.
5h45 :
On distingue parfaitement 2 navires de guerre approchant rapidement.
La houle est forte, ce qui implique de nombreuses corrections rapides pour le tir.
A bord du Bismarck dans son poste de contrôle de César et Dora, Mullenheim Rechberg surveille un éventuel lancé de torpilles de la part du Norfolk et Suffolk.
Grace à ses écouteurs téléphoniques, il entend même les ordres donnés sur le cuirassé.
5h52 :
Les Anglais ouvrent le feu.
La taille des éclairs et des nuages de fumée prouvent l’importance des navires.
Malgré les salves qui se rapprochent Lutjens ne riposte pas.
— c’est le Hood» ! s’écrie un officier.
Linderman attend l’ordre de riposter avec impatience.
La voix de Schneider est calme : cible ennemie 2 ;7 ;0 distance 20 kilomètres.
La salve du Hood tombe dans l’eau à l’arrière du Prinz Eugen.
—Je ne me laisserai pas canarder comme ça ! s’écrie Linderman
Enfin Lutjens se décide :
— Permission de tirer.
Dans la salle des calculs Heinz Jucknat en compagnie d’Adolf Eich et Franz Halke n’a cessé de calculer les variables déterminant l’angle de tir, vitesse du vent,température de l’air, vitesse du bateau, distance et position de l’ennemi.
Les premières salves de 380 font songer à un tremblement de terre. Tout le navire vibre et recule. Dans la salle des chaudières Zimmermann surveille en permanence le niveau d’huile et d’eau des chaudières. Un maximum de vapeur assure la manœuvrabilité du navire. Dans les tourelles le tir est une expérience ahurissante qui laisse le personnel tremblant jusqu’aux os. C’est comme se trouver à côté d’une bombe qui explose. Un grondement assourdissant et la pression qui augmente.
—tir à l’avant du Hood. Lance Linderman.
Une salvejaillit d’Anton et Bruno dans un raffut épouvantable.
Quelques secondes plus tard 4 geysers tombent devant le Hood.
—Trop court. Constate Lutjens.

Au même instant un incendie se déclare à la base du mât principal sur le croiseur lourd Britannique.
—Prinz Eugen a touché le Hood ! s’écrie Linderman.
A la jumelle l’officier voit l’Anglais virer de bord pour utiliser tous ses canons.
L’inconvénient est qu’il présente son flanc aux obus Allemands.
A bord du Bismarck les hommes d’Adalbert Schneider trouvent la distance exacte de tir grâce à l’incendie.
Le 4èmetir est parfait.
La suite est une chose unique dans l’histoire navale.
Un ou plusieurs obus touchent le Hood en tir plongeant sur son pont trop faiblement cuirassé et touchent la soute à munitions.
Le croiseur explose et se brise en deux. Une gigantesque flamme monte vers le ciel. Les hommes du Bismarck et du Prinz Eugen voient avec fascination la proue et la poupe du Hood se lever hors de l’eau comme un terrible V de la victoire. Chose incroyable, le croiseur tire une dernière salve d’honneur vers le ciel.
Sans doute un court circuit, mais Lutjens constate :
—Le Hood explose.
Une énorme fumée noire bouche l’horizon. Le Prince of Wales est obligé de changer de cap pour ne pas heurter l’épave.
A bord du Prinz Eugen le capitaine Brinkmann voit les obus exploser à travers les vagues de fumée. Des milliers d’étoiles blanches lui font penser aux feux d’artifices donnés en l’honneur du Führer.
Soudain 2 explosions violentes retentissent sur le Bismarck. Le Prince of Wales a profité du flottement général pour tirer.
—Voies d’eau sur l’avant ! crie un officier.
—Feu a volonté sur le Prince of Wales. Ordonne Lutjens.
Les 380 se déchainent comme un ouragan. Le cuirassé Anglais est touché de plein fouet sur la passerelle de commandement. Presque tous les officiers qui l’occupaient sont tués instantanément.
Le Prinz Eugen se met de la partie. Bientôt le Prince of Wales subit un feu nourri et semble de plus en plus incapable de riposter(3). L’Anglais rompt le combat et s’enfuit dans un nuage de fumée.
Lutjens ordonne de le laisser filer. Linderman est furieux, mais Lutjens coupe court à toute contestation :
—Les ordres du Führer sont clairs : pas d’engagement avec les gros navires Britanniques sauf en cas de force majeure. Le POW est hors de combat inutile de poursuivre. Demandez un rapport sur les dommages.
Linderman s’exécute déçu de priver Le Bismarck d’une double victoire.
Le rapport arrive vite. Le cuirassé a reçu deux blessures très sérieuses :
Un obus a pénétré la ceinture cuirassée créant une voie d’eau dans la salle du générateur bâbord. L’autre a traversé de part en part le navire au dessus de la ligne de flottaison. Les vagues soulevées à l’avant par l’étrave pénètrent abondamment dans les ouvertures. 1000 tonnes d’eau ont déjà pénétré dans les cales. Les cloisons étanches séparant les caissons 20 et 21 doivent être étayées. Le cuirassé penche si fortement de l’avant que ses hélices sortent parfois de l’eau !.
On comble les trous de la coque avec du paillet Makarov (4).
—Réduisons la vitesse pour pencher le navire sur le côté et réparer correctement, dit Linderman.
—Non, nous prendrions trop de retard. Répond Lutjens.
L’équipe de réparation est impuissante face à la voie d’eau qui a isolé le réservoir avant contenant 1000 tonnes de fuel. L’accès en est impossible. Ca compromet la suite des opérations.
Pour ne rien arranger une trainée de fuel grasse et brillante sort de la coque s’étalant sur la mer, désignant le navire à toute reconnaissance aérienne.

(3) lestourelles du POW avaient une panne électrique.
(4) Le Paillet Makarov est une pièce en toile dont on se sert pour boucher une voie d'eau en attendant des réparations. Elle se met en place depuis l'extérieur du navire et tiens en place par la seule force d'aspiration de la voie d'eau (source:http://www.air-defense.net/forum/index.php?topic=7551.2370)

Cependant le Prinz Eugen n’a aucun dégât à part une trace d’éclat d’obus près de la cheminée. Aucun mort n’est à déplorer sur les 2 navires.
A bord du Bismarck il existe encore un autre problème. L’eau de mer menace de pénétrer dans 2 salles de chaudières avant. En l’apprenant Lutjens arrête sa décision :
—Plus question d’attaque, on rentre.
Oui mais par quel chemin ?. Il étudie les options possibles. La route de la Norvège trop étroite laisserait aux Anglais la possibilité de le coincer. Reste le grand large pour manœuvrer et la route de la France. Là le Bismarck garde la possibilité d’échapper à ses poursuivants. Les nuits sont plus longues vers le sud avec la possibilité de se dissimuler. Brest ou saint Nazaire sont des ports où le Bismarck pourra réparer.
En attendant le moral des équipages est nettement plus élevé que sur la passerelle de commandement. A bord du Bismarck et du Prinz Eugen c’est l’euphorie de la victoire. Le Hood coulé et le POW mis hors de combat !.
Les marins chantent et se congratulent.
Mais Lutjens est inquiet comme à son habitude :
—Nous avons toujours ces 2 croiseurs à nos trousses. Dit-il à Linderman.
—Je vais faire une nouvelle tentative pour les semer amiral.
Ainsi la partie de cache-cache continue. Le Bismarck prend de la vitesse et file à 27nœuds, tandis que le Norfolk et Suffolk poussent leurs machines à fond pour le suivre.
24 mai,12h :
La mer devient forte avec brume et brouillard, la visibilité se réduit à 17 milles.
Le Bismarck a son étrave alourdie légèrement inclinée sur bâbord. On corrige ce défaut en actionnant les ballasts de soute.
Après avoir longtemps hésité Lutjens ordonne :
—Cap sur St Nazaire. Contactez le groupe nord.
Mais là, nouveau problème. La radio marche mal. Le Prinz Eugen a reçu des instructions de Berlin non captées par la radio du Bismarck.
Tout est fait pour la réparer au plus vite.
Constatant la présence permanente des croiseurs Anglais, Lutjens estime inutile de continuer ainsi. Il ordonne :
—Réduisez la vitesse à 24 nœuds, nous devons économiser le carburant.
Le Bismarck vogue vers le sud. L’amiral peste contre cette fuite d’huile impossible à colmater et visible de loin.
Aloïs Haberditz est gelé dans son poste de DCA placé en alerte permanente. Il n’est pas le seul, tous sont prêts à déclencher un barrage d’acier. Parfois des hydravions Catalina s’approchent un peu trop près et déclenchent l’alerte.
Jamais trop près pour subir la colère du cuirassé. Haberditz à l’impression que les Anglais jouent avec leurs nerfs. Des rafales de vent glacées envahissent les plates-formes d’artillerie. Chacun scrute l’horizon à la recherche des avions.
A bord du Prinz Eugen le capitaine Brinkmann est intrigué. Il a reçu un message de Lutjens lui enjoignant de quitter le Bismarck, afin d’attaquer seul les convois. Le cuirassé effectuera une diversion pour lui permettre de s’échapper.
Le Prinz Eugen devra rejoindre un pétrolier et continuer seul la traque des convois.
Brinkmann se demande pourquoi Lutjens ne profite pas de la présence de PE pour regrouper les forces, surtout si le cuirassé est endommagé. Mais les ordres sont les ordres et l’amiral précise même le nom de code de l’opération :
« Hood » !.
A bord du Bismarck Lutjens est penché sur les cartes :
—J’ai l’intention de faire remiser le cuirassé sur la cale de St Nazaire afin de réparer les avaries. Le Prinz Eugen doit continuer seul.
—Bien amiral.
Linderman se demande si cette décision est juste. Le cuirassé va être bien seul.
Toujours pas de contact radio avec le groupe nord. Les problèmes de radars anglais et le manque de fuel minent Lutjens. En plus il appréhende le rapport de Walter Lehmann son officier ingénieur en chef sur l’état du navire.
24 mai 18 h :
Au moment où le Bismarck et le PE pénètrent dans un banc de brouillard, Brinkmann voit le projecteur du cuirassé clignoter frénétiquement :
—« Exécutez manœuvre Hood ! ».
Brinkmann ordonne de virer à tribord. Le Prinz Eugen s’enfonce dans la brume.
Au même moment le Bismarck déclenche l’enfer avec ses 380.
Les marins du PE voient avec regret leur grand frère s’éloigner vers le nord- ouest au milieu des éclairs et tonnerre de ses canons.
Cette fois le Suffolk est surpris. Les salves de 380 l’encadrent. Le croiseur vire pour éviter le tir et riposte tirant de nombreux obus. Sans aucun résultat des deux côtés.
Mais il y aune surprise pour Lutjens : le retour du Prince of Wales !.
Certains de ses canons de 356 ont étés réparés et donnent de la voix. Mais comme un ténor souffrant d’extinction ils retombent rapidement en panne. Le Bismarck l’ignore superbement.
Linderman et les autres officiers félicitent Lutjens pour sa brillante manœuvre avec le Prinz Eugen, démontrant son esprit tactique.
Mais l’ingénieur Lehmann refroidit l’ambiance en livrant son rapport sur les avaries :
—Amiral,Impossible d’accéder aux 1000 tonnes de fuel bloqués à l’avant.
—Merci Lehmann, faites au mieux pour réparer la coque.
Lutjens retourne à ses cartes. Il doit renoncer à un plan diabolique qu’il a longuement muri. Celui d’attirer ses poursuivants dans un piège à sous-marins au sud du Groenland. Donc cette fois c’est définitivement cap sur la France.
En attendant la radio remarche, Lutjens en profite pour annoncer sa victoire à Berlin.Hitler est transporté de joie et ne tarit pas d’éloges sur son amiral.
Cependant Lutjens ajoute :
—Impossible de semer ennemis cause radars. Niveau fuel impose de regagner
Saint Nazaire.
24 mai, 22H30 :
Alerte aérienne!
Les klaxons résonnent sur le cuirassé. Tous les regards se tournent vers les Swordfishs (du Victorious) en formation d’attaque et chargés de torpilles.
Alois Haberditz tourne ses affuts en direction des assaillants. Les avions attaquent au ras des flots.
Toutes les armes de bord se mettent à tirer dans un raffut infernal. La mer est couverte de gerbes d’écume. Un Swordfish a le dessous de sa carlingue arraché. Après avoir rasé les vagues, il réussit à remonter.

Le Bismarck n’est plus qu’un volcan en éruption. Les futs des canons chauffent tellement qu’Alois Haberditz et ses hommes doivent les refroidir à l’aide de linges mouillés.
—ces Anglais sont des fous ! lance Alois, se jeter contre le Bismarck avec de fragiles biplans !.
Mais chose invraisemblable aucun d’eux n’est touché, car il est impossible de viser correctement avec un navire qui vire et s’incline sans arrêt cherchant à éviter les torpilles.
Soudain une déflagration à peine audible au milieu du raffut.
Au poste de contrôle arrière d’artillerie, Mullenheim Rechberg sent l’impact d’une torpille sur la ceinture blindée au dessous de la ligne de flottaison.
—Au rapport !
Il est vite fait. Aucun dégât. A part un enfoncement de quelques centimètres sur la ceinture blindée.
Mais si le cuirassé s’en sort indemne, Kurt Kirchberg un des membres d’équipage chargé des munitions est projeté contre une cloison par l’explosion et meurt sur le coup.Au pont inférieur on déplore 6 blessés a cause de l’impact.
En attendant les Swordfishs rentrent bredouilles. A bord du Bismarck personne n’a vu d’avions touchés, mais les artilleurs déforment vite les choses et bientôt c'est toute l’escadrille des Swordfishs qui a été abattue.
Dans la salle des calculs, Heinz Jucknat, Adi Eich et Franz Haltec sont sidérés. Ils ont à peine senti l’impact. Comment Kirchberg a-il pu être tué par l’explosion ?.
Le premier mort du Bismarck sonne comme un mauvais présage.
Lutjens et Linderman font le point sur l’attaque.
L’amiral comme à son habitude est pessimiste :
—Il faut s’attendre au retour des avions et à l’arrivée des renforts Anglais.
C’est vrai que le rapport sur les dégâts est bien sombre.
Le choc de la torpille ajouté à la vitesse du cuirassé et aux vibrations des canons ont rouvert les paillets colmatant les trous dans la coque.

L’eau s’engouffre à nouveau enfonçant un peu plus la proue, des paquets de mer recouvrent par instants tout l’avant heureusement éliminés par le brise lame.
Le plus grave est l’inondation complète de la salle des chaudières bâbord qu’il a fallu évacuer !
L’ingénieur Lehmann est encore plus catégorique :
—Si l’eau de mer se mélange au système d’alimentation des chaudières tout risque de s’arrêter !.
Lutjens décide d’utiliser les grands moyens :
—Ralentissez à 16 nœuds et changez les paillets.
Les brigades de secours s’empressent de contrôler les chaudières tandis que le cuirassé ralentit et que les marins colmatent les ouvertures.
L’amiral se rend compte que le Bismarck ne peut supporter de nouvelles blessures. Il se tourne vers Linderman :
—Il est impératif d’échapper aux Anglais.
—Nous feront le maximum pour les distancer amiral.
25 mai 5h
Lutjens fête son anniversaire. Aujourd’hui il est en forme. Il décide de tenter un coup de poker :
—J’ai remarqué que les Anglais nous suivent en adoptant une route en zigzag, conséquence sans doute d’une alerte aux sous marins. De plus ils nous suivent en ligne de file à bâbord au lieu de se mettre en éventail. Nous allons donc leur jouer un petit tour à notre façon.
Il faut préciser que Les navires Anglais perdent le contact radar avec le Bismarck au moment où ils se déportent à bâbord pour zigzaguer. Ils sont donc habitués à retrouver le contact dès qu'ils se remettent en ligne de file.
A l’instant où les Anglais comme un seul homme se déportent à Bâbord, Lutjens ordonne :
— Virez à tribord toute !
Le Bismarck amorce une vaste boucle vers le nord.
Lutjens attend de longues minutes, puis :
—Cap à l’est.
Le cuirassé revient dans le sillage de ses poursuivants.
De nouveau Lutjens attend un peu, et enfin :
—cap au sud-est, direction la France.
Le stratagème a parfaitement fonctionné. Le Bismarck a disparu des radars Anglais.
Mais Lutjens doute. C’est le drame de cet homme, le doute. En route vers la France, vers la gloire allemande, il doute encore avoir semé les Anglais.
Le Bismarck réparé au mieux trace sa route vers la France à 20 nœuds. Le doute de Lutjens vient des impulsions radar du Suffolk qui sont encore captées par le cuirassé.Mais ce ne sont que des bribes d’ondes inutiles aux Anglais.
Estimant être toujours suivi, l’amiral après sa brillante manœuvre va commettre sa plus grave erreur stratégique.
Il rompt le silence radio !
Encore une fois, le groupe ouest lui confirme que les Anglais ont perdu sa trace.
Mais d’une manière inexplicable il émet 2 autres messages radio au risque d’être localisé !.
Heureusement pour lui, dans un premier temps les Anglais se trompent dans leurs calculs et foncent dans la direction opposée.

Heinz Jucknet, Franz Halke et Adolf Eich agissent dans les fonds du cuirassé depuis plusieurs jours, ils sont épuisés mais conscients de l’importance de chaque homme et de son travail sur le Bismarck.
Le lieutenant Heinz Aengeneyndt leur donne l’autorisation de fumer.
Aux heures des repas on leur apporte un bol de ragout et de pain noir. Ils ne doivent quitter leur poste que pour se soulager.
25 mai 12h :
Les hauts parleurs du cuirassé se mettent à vibrer :
—Attention !.Restez à l’écoute, voici un message de l’amiral.
Chacun retient son souffle. La voix grave de Lutjens résonne sur le navire :
—Marins du Bismarck !. Vous vous êtes couverts de gloire. Le naufrage du Hood est non seulement un exploit militaire mais aussi une grande victoire psychologique, car ce navire était l’orgueil de l’Angleterre. En raison des dégâts sur le Bismarck, nous devons mettre le cap sur un port Français.L’ennemi risque de s’assembler pour nous harceler, mais nous nous battrons jusqu'à ce que les futs de nos canons soient chauffés au rouge.
Pour nous marins, c’est maintenant la victoire ou la mort (*).
Le discours est terminé. Dans un silence de plomb chaque marin se remet au travail à son poste.
« La victoire ou la mort »..Heinz, Franz et Adolf se regardent.
—comment se sortir de ce piège ?. Chuchote Heinz.
Les autres le regardent ébahis sans répondre.
Dans la salle des chaudières,étant peu initiés à la stratégie, Hanz Zimmerman et ses collègues considèrent que l’amiral est fou. Il a déjà renoncé à couler le Prince of Wales et maintenant il considère le Bismarck comme perdu ! Pourtant le groupe ouest ne cesse de répéter que les Anglais ont perdu la trace du cuirassé, mais Lutjens ne veut pas le croire. Il démoralise son équipage alors que tout lui réussit !
Conscient du problème, Lindermann adopte une attitude optimiste et rassure les hommes :
—Des sous marins vont nous venir en aide et les bombardiers nous assurer une couverture aérienne à proximité de la France.
Mais Lutjens a fait d’énormes dégâts avec son discours. L’officier ingénieur Gerhard Junack voit des officiers mettre leurs gilets de sauvetage !.
Soudain la radio du Bismarck se met à grésiller.
Hitler en personne adresse un message à Lutjens :
—Merveilleux vœux pour votre anniversaire amiral.
C’est court et glacial. On sent l’agacement du führer devant les dangers subis
par son cuirassé favori.
...
Néanmoins le Bismarck trace sa route dans les vagues de l’Atlantique. Lindermann inquiet du moral de l’équipage trouve une idée pour occuper les hommes :
Construire la fausse cheminée ! .
Il y a en effet un emplacement prévu pour cette dernière :
En arrière de la cheminée au niveau de la catapulte pour l’Arado et finissant juste contre le mât arrière. Elle a le même aspect que la vraie et change totalement l’allure du cuirassé, lui donnant un air Britannique.
Chacun s’active à la tâche avec ardeur. Lutjens espère ainsi tromper les avions de reconnaissance.
26 mai 10h30 :
Alerte !
Un hydravion Catalina surgit des nuages juste au dessus du Bismarck. Les sirènes hurlent,les affuts pivotent à toute allure. Les officiers aboient des ordres et l’enfer se déclenche à nouveau.
Les artilleurs sidérés voient le Catalina faire un cercle pour revenir identifier le cuirassé.Les armes de bord le cernent de toutes parts. Visiblement, il est touché plusieurs fois(*).
Le Catalina monte en chandelle, se cache dans les nuages et s’empresse de signaler :
—Bismarck repéré à 700 miles de Brest. (Suit la position exacte du navire).
A bord la radio du cuirassé capte également ce message. Lutjens croit à tort
qu’il était de toutes façons suivi et que cet événement ne change rien.
26 mai 16h :
Mullenheim Rechberg se tient aux aguets sur le pont du Bismarck. Le navire malgré ses blessures se comporte à merveille et sa tenue à la mer est impeccable.Cependant la mer devient de plus en plus forte, les jeunes recrues du bord ont le mal de mer.
Rechberg se demande pourquoi la fausse cheminée n’a pas été mise en place. Le subterfuge aurait pu leurrer le Catalina, surtout que Rechberg parle Anglais et s’est porté volontaire pour tromper l’Hydravion. Mais Lutjens a choisit de tirer sur l’avion mettant un terme à la ruse.
Se sachant découverts le moral des marins chute encore.

(*) a bord du Catalina un homme qui dormait fut éjecté de sa couchette et il y eut une demi douzaine de brèches dans la carlingue, plus question de se poser sur l'eau au retour!.

(**)texte raccourci en raison de sa longueur, les phrases importantes sont intégrales;

Chacun devine qu’il risque plus la mort que la victoire, a moins que le Bismarck
continue ainsi vers la France.
Un 2èmeCatalina vient roder autour du cuirassé, puis un Swordfish (de l’Ark Royal) les prend en filature.
—Il y a donc un porte avion dans les parages !. Constate Lutjens.
Le Bismarck se traine à 20 nœuds dans la houle, accompagné par un long sillage de fuel derrière lui. Cet horripilant Swordfish le suit à distance hors de portée de tir.
Lindermann qui le surveille à la jumelle dit à un des officiers :
—Si le cuirassé avait fait le plein à Bergen, nous aurions pu forcer l’allure et être déjà sous la protection des bombardiers.
26 mai 18h :
Alerte navire ennemi !
Un navire Anglais se profile à l’horizon (le Sheffield).
A bord du Bismarck on se garde bien de l’attaquer, mais plutôt de tracer la route vers la France. Chaque minute de mer rapproche le cuirassé de son but final. De cette France où de nombreux sous marins et avions vont leur porter assistance.
Lutjens attend l’attaque aérienne qui ne vient toujours pas. Chaque homme à bord est prêt.
Bientôt la nuit salvatrice va protéger le Bismarck.
Pendant ce temps là dans le sous marin U556, le lieutenant Herbert Wohlfarth croit rêver.Il a dans son périscope l’Ark Royal et le Renown !. Il peut changer le destin du Bismarck. Sauf qu’il ne lui reste plus de torpilles !.
C’est une situation incroyable et lourde de conséquences. Wohlfarth est de plus le parrain du Bismarck puisque c’est lui-même qui a proposé avec son U556 d’adopter le cuirassé et le protéger quoiqu’il arrive !.
Ironie de l’histoire il est à court de combustible et de torpilles et rentre aussi à Brest…
Wohlfarth se demande t-il s’il ne va pas émerger et utiliser son canon de 88 contre le porte avion?. Mais il aurait à peine le temps de tirer, qu’une pluie d’obus réduirait en bouillie son sous marin. Inutile de sacrifier la vie de ses hommes. Il continue donc sa route solitaire et inutile.
26 mai 19h :
A bord du Bismarck Alois Haberditz et le reste de l’équipage sont épuisés par la veille permanente. les yeux brulants, ils luttent contre le sommeil. Chacun attend l’attaque du porte avion se trouvant dans les parages. Ils ne sont qu’a une centaine de milles du détroit du Danemark et l’air est glacial. Les hommes vont se réchauffer devant les manches à air des moteurs au risque de se bruler. Mais seulement une minute car ils ne peuvent abandonner leurs postes trop longtemps.
26 mai 21h :
Alerte aérienne !.
—Regardez moi ces fous d’Anglais, cette fois on ne va pas les rater !.
Haberditz derrière son viseur voit les Swordfishs attaquer au ras des vagues. Ils surgissent de tous côtés, individuellement ou par paires pour saturer la défense. Les armes de bord se déchainent sur tout le cuirassé qui ressemble à un volcan en éruption.Les biplans rasent la mer car ils ont bien compris que les mitrailleuses et canons du Bismarck couvrent mal l’angle en dessous des ponts.
Un Swordfish solitaire profite de la montée sur les vagues du cuirassé pour lancer sa torpille qui touche sa coque sur bâbord en dessous de la ligne de flottaison.
Une déflagration épouvantable secoue le navire.
Le lieutenant de vaisseau Gerhard Junack se trouve dans la salle des machines lorsque la torpille touche le Bismarck. Il voit au dessus de lui les plaques de blindage du pont se soulever de 50 cms !. Les marins à l’arrière sont secoués par le choc et s’accrochent pour ne pas tomber. Des grincements inquiétants résonnent dans la poupe.
—Qu’est ce qui se passe ? se demande Mullenheim Rechberg à son poste de contrôle arrière. Il vient de sentir le navire faire un mouvement d’accordéon.
Rechberg s’empresse de vérifier l’indicateur de barre indiquant 12 degrés à bâbord. L’explosion a eu lieu en plein virage et il a un mauvais pressentiment.
—Va y mon vieux, redresse !.
Rechberg attend que l’indicateur revienne à la normale, mais rien ne se passe. Le cuirassé continue son virage à 20 nœuds comme un fou incliné à tribord.
—Reprenez immédiatement le cap initial. Ordonne aussitôt Lutjens.
—Les gouvernails sont bloqués amiral !.
Tout l’équipage doit s’accrocher à ce qu’il trouve.
—Ralentissez !.Ordonne Lindermanr.
Mullenheim Rechberg est catastrophé. Rien à faire le Bismarck continue de tourner, mais finit par ralentir.


Après avoir largués leurs torpilles les 15 Swordfish s’enfuient criblés d’impacts(*).
A bord du cuirassé toujours en train de virer on fait le point.
—Quels sont les dégâts ?. Demande Lindemann.
L’ingénieur Lehmann fait son rapport :
—Il y a une brèche en dessous de la salle du servo-moteur du gouvernail bloquant la barre et l’ensemble de l’installation. Une 2ème torpille à touché le côté de la salle des machines bâbord au dessous de la ceinture cuirassée causant des dommages minimes.
—Essayez de débloquer la barre, sinon on va diriger le navire avec les hélices.
Mais Lutjens déprime totalement. Il rédige un message à l’attention de Berlin :
—« bateau immobilisé, nous nous battrons jusqu'à la dernière munition. Longue vie au Führer ».
Lindemann refuse de se laisser abattre. Il consulte son ingénieur mécanicien qui finalement donne l’instruction suivante :
— Etayez les compartiments étanches au dessus des chambres de direction et mettez en route les pompes pour vider l’eau de la salle des moteurs bâbords.
Aussitôt un maximum d’hommes s’active à la tache avec fébrilité.
Cette opération doit permettre de dégager la pression bloquant les gouvernails. Mais au moment de sa mise en route le démarreur des pompes casse.
Lehmann est catastrophé :
—Impossible d’atteindre les compartiments par la brèche sur la coque, la mer y pénètre par gros bouillons. Un plongeur serait tué par la pression avant d’atteindre le mécanisme de direction.
Lindemann ne peut se résoudre à baisser les bras :
—Faites le maximum Lehmann, nous sommes tous tributaires de ces fichus gouvernails.
—Bien capitaine.
Des plongeurs essaient de déconnecter la barre en passant par l’écoutille du pont supérieur, mais ils sont presque emportés par un geyser.
—Descendons des scaphandriers le long de la poupe et débloquons les gouvernails à l’aide d’explosifs. Suggère l’amiral.
On tente l’expérience, mais l’état de la mer est tel qu’il est impossible de descendre un homme sous la coque.
—Essayons avec les hélices. Dit Lindemann.
Mais latempête devient plus forte. Un fort vent de nord-ouest se lève et change de direction la houle et le vent qui dirige le Bismarck vers ses ennemis.
Quelque soit la position et les sens des hélices, toute manœuvre s’avère inutile. Et on se souvient brusquement qu’aux essais il avait été impossible de manœuvrer le navire avec les seules hélices.
C’est comme si la chance a abandonné le Bismarck.
Lindemann qui jusqu'à présent a fait preuve d’imagination et de dynamisme, baisse les bras.
Le cuirassé se dirige n’importe où au gré des vagues à 7 nœuds. Il est durement secoué par la tempête.
26 mai 23h :
Alerte,navire ennemis en approche !
Dans une mer démontée 4 destroyers anglais (le Cossack,le Maori, le Zulu et le Sikh) tentent de se mettre en position d’attaque.
L’artillerie du cuirassé se déchaine faisant trembler les cloisons. Le tir efficace empêche les destroyers de lancer leurs torpilles.
Ca dure toute la nuit dans les éclairs et la fureur des salves. L’équipage du Bismarck à bord d’un navire désemparé réussit à repousser toutes les attaques. Quelques torpilles atteignent leur but sans dégâts notoires, car la tempête malmène les mécanismes. Un destroyer (le Cossack) s’approche tout près pour lancer mais échoue dans une mer démontée. Les destroyers tirent également quantités de petits obus sur le cuirassé faisant bruler légèrement son pont en surface.
Un gros navire de guerre (le King George V) tire de loin des obus éclairants pour repérer le Bismarck, mais cela éclaire également les destroyers. Le cuirassé en profite pour les cerner avec ses salves et les petits navires doivent battre en retraite.

Le Suffolk, qui identifia formellement le Bismarck:

LE BISMARCK  504103Croiseur_Suffolk

Le Norfolk:

LE BISMARCK  322644Croiseur_Norfolk

Le "mighty" Hood:

LE BISMARCK  486144Le_Hood.1

LE BISMARCK  606005Le_Hood.2

La dernière photo (prise depuis le Prince of Wales) du Hood partant pour son ultime mission:

LE BISMARCK  618948Le_Hood_vu_du_P.o.W

Le Bismarck, vu du Prinz Eugen, engage le Hood:

LE BISMARCK  946063Le_Bismarck_contre_le_Hood.1

LE BISMARCK  995131Le_Bismarck_contre_le_Hood.2

La fin du Hood:

LE BISMARCK  678175Le_Hood._fin_1

LE BISMARCK  314065Le_Hood._fin_2

Les marins du Prinz Eugen témoignèrent que la dernière salve du Hood l'avait parfaitement encadré.

Comme tout le monde ne connait pas forcement les avions qui participèrent au combat, voici le Swordfish (Espadon), que ses équipages surnommaient affectueusement "stringbag" (filet à provisions):

LE BISMARCK  116081Numeriser0024

Cette photo donne une bonne idée de la taille de ce grand biplan, dont la lenteur permit à de nombreux équipages d'échapper à la chasse allemande:

LE BISMARCK  643991Numeriser0035

Largage de torpille:

LE BISMARCK  670425Numeriser0022

On doit reconnaître qu'il fallait "en avoir" pour se lancer à l'assaut avec une telle machine.

Enfin un Catalina du Coastal Command:

LE BISMARCK  460299Catalina_Coastal_Command




27 mai 4h :
Enfin les destroyers perdent le contact avec le Bismarck, l’équipage du cuirassé respire enfin.
A bord la radio diffuse des messages lénifiants du groupe ouest qui se veulent rassurants :
— "Courage marins du Bismarck ! des sous marins et 80 bombardiers arrivent des bases de France pour vous aider".
Hitler lui-même ajoute :
—« L’Allemagne est à vos côtés, tout ce qui pourra être accompli le sera. L’exemple de votre courage renforce la conviction du peuple allemand à lutter pour son destin ».


(*) 3 avions s’écrasent à l’atterrissage et son envoyés à la ferraille. Malgré un nombre incroyable d’impacts il n’y aura que 3 blessés.

Il se dégage de ce message une drôle d’impression, comme si le führer lui-même semble ne plus y croire. Il faut dire que depuis l’affaire du Graf Spee et des pertes en Norvège, il se méfie des combats navals.
Haloïs Haberditz tente de s’endormir. Il pense à ces histoires de marins mitraillés en mer par les Anglais. Vaut-il mieux mourir ou être capturé ?.
Von Müllenheim-Rechberg lui ne fait guère d’illusions. Le Bismarck est trop loin de la France et désemparé pour espérer le moindre secours. Peu de temps auparavant en pleine tempête, il avait aperçu un destroyer au télémètre stéréoscopique s’approcher pour lancer ses torpilles (le Cossack).
Dans la salle des machines, les orifices de ventilation sont bloqués et l’air n’est pas renouvelé. Les hommes sont épuisés et n’ont pas mangé depuis des heures, à part un peu de chocolat mélangé à de la caféine.
—Nous allons crever là dedans ! marmonne Hans Zimmermann.
En poste dans la salle des chaudières il transpire abondamment dans sa combinaison de cuir. Hans doit surveiller les conduits d’alimentation. Au bout de plusieurs heures exposé à la chaleur, il ne tient plus et sort de la salle pour griller une cigarette. Immédiatement d’autres mécaniciens font de même.
— Vite fait les gars, on risque 28 jours de cachot !
En réalité malgré l’interdiction formelle, les officiers ferment les yeux. A bord du Bismarck chacun pense à sortir de cet enfer.
Herbert Wohlfarth à bord de l’U556 n’est toujours pas parti. Il veut rameuter les autres sous marins et lance des messages à tout va pour sauver son cuirassé. Un destroyer fonce sur lui l’obligeant à plonger. Dans cette tempête l’Anglais a du mal à balancer ses charges et Wohlfarth peut rester sur place à surveiller les combats.
A bord du Bismarck les hommes sont harassés par la chaleur et le manque de sommeil. La peur se lit sur les visages, car le cuirassé ne manœuvre plus et se déplace au gré de la tempête.
Comment faire pour échapper aux Anglais ?. Se demande l'équipage.
Adolf Eich est témoin d’une scène étonnante. Le lieutenant Aengeneyndt lui a donné la permission de monter sur le pont pour respirer quelques minutes. Il voit l’amiral Lutjens et Lindemann sourire aux lèvres décerner la croix de chevalier au premier officier d’artillerie Adalbert Schneider.
—Pour votre rôle dans le naufrage du Hood. Dit l’amiral.
Schneider droit comme un I est aux anges. Il ne s’attendait pas à ça !.
Lutjens semble détendu et Eich s’empresse de redescendre :
—L’amiral a décoré Schneider de la croix de chevalier !.
—C’est vrai ?. Demandent en cœur les autres marins.
—Oui, et il est souriant !.
Ca c’est vraiment un événement plus que la décoration. Si l’amiral sourit c’est qu’il y a un espoir.
Du coup, le moral remonte en flèche parmi les hommes.
27 mai 6h :
On ouvre les entrepôts du navire et les marins peuvent se servir. Chacun sait ce que cela signifie. C’est le signe de la fin.
—Stoppez les machines. Ordonne Lutjens.
Gerhard Junack proteste. Le navire tangue fortement et ça sera pire à l’arrêt mais surtout le fait de stopper va mettre les turbines en surchauffe et même les déformer si on ne libère pas progressivement la pression. Il demande :
—Puis-je faire une marche au ralenti ?.
Le capitaine Lindemann fait une réponse surprenante :
—Faites comme vous voulez !!.
A bord de l’U556 on voit avec soulagement l’arrivée de l’U47 qui a répondu à son appel.Enfin on va pouvoir faire quelque chose pour le Bismarck. Les deux commandants s’envoient des signaux.
—Sommes endommagés par grenades sous marines. Impossible utiliser torpilles ! Dit l’U47.
Wohlfarth en trépigne de rage. Néanmoins les 2 sous marins restent à proximité pour guider les renforts arrivant de tous côtés. Finalement complètement à court de carburant l’U556 quitte les lieux en donnant la dernière position du cuirassé(Wohlfarth recevra la croix de chevalier pour son assistance au Bismarck).
Lutjens réunit Lindemann et ses officiers et leur dit d’une voix grave :
—J’ai l’intention de sauver le journal de bord du Bismarck afin que le grand amiral Raeder ait connaissance des détails de l’opération Rhin. Faites préparer un Arado pour rejoindre la côte Française.
Aussitôt on apporte le précieux document à bord de l’hydravion. Un pilote monte à bord.Moteur en marche, il fait signe qu’il est prêt. Mais la catapulte refuse de fonctionner. Les conduites d’air comprimé ont été faussées par les tirs du Prince of Wales. Document et pilote redescendent.
—Inutile de garder cet avion bourré de carburant à bord. Balancez le à la mer !.Ordonne Lindemann.
On replie les ailes de l’Arado, perce ses flotteurs puis l’hydravion est poussé par-dessus bord.
—Demandez au groupe ouest que tout sous-marin situé à proximité, vienne chercher le journal.Demande Lutjens.
Trop tard pour l’U556. Aucun sous marin ne se présente.
27 mai 8h :
Le jour est levé.
« Pourquoi les Anglais n’attaquent-ils pas » ?. Se demande Müllenheim Rechberg.
Il s’arrête au carré des officiers où les hommes sont attablés dans une atmosphère lugubre.Les regards sont vides. La nourriture est avalée machinalement comme si c’était une corvée.
Rechberg monte sur la passerelle et tombe sur Lindemann équipé de son gilet de sauvetage. Il le salue, mais le capitaine ne lui rend pas son salut. Pourtant Rechberg l’a servi en tant que major aux chantiers Blohm et Voss de Hambourg.
Lindemann finit son petit déjeuner, le regard ailleurs tourné vers l’océan. Il semble écrasé par son destin et l’ampleur de sa tâche. Ses conflits avec l’amiral l’ont fait douter de sa capacité à commander un tel navire. Lui-même aurait-il fait mieux ?.
Par contre l’amiral arrivant sur la passerelle, croise Rechberg et lui rend son salut mais reste aussi muré dans son silence.
—Alerte navires ennemis en approche !.
Les sirènes hurlent et les hommes se précipitent abandonnant leur déjeuner.
Lutjens et Lindemann fixent l’horizon à la jumelle.
—Ils arrivent par l’ouest, vent arrière. Ce sont des malins, le Bismarck se détache parfaitement devant le soleil levant. Remarque l’amiral.
—Et ils arrivent de face. Ajoute Lindemann.
Deux gros navires de guerre (le Rodney et King George V) arrivent à toute allure et commencent à tirer.
—Feu à volonté. Ordonne Lutjens.


LE BISMARCK  4cwdd8t96a
la fin du Bismarck par Jörg Wischmann (collection personnelle)


Adalbert Schneider responsable de l’artillerie du Bismarck prend d’abord pour cible le vieux Rodney dans l’espoir de le détruire comme le Hood.
Les 380 crachent leurs obus dans un raffut épouvantable.
Les Anglais sont cernés par les salves mais en profitent pour régler leur tir. Un croiseur vient les rejoindre (le Norfolk).
A la 3èmesalve le Bismarck encadre le Rodney (des éclats touchent le navire et endommagent le dispositif de visée anti-aérienne).
8h59 :
Un autre navire entre en scène (le Dorsetshire).
A bord du cuirassé cerné par 4 navires, il existe peu d’espoir car il est impossible de manœuvrer.
Le soleil monte sur l’horizon éclairant une scène dramatique.
Immédiatement au premier tir Anglais le destin du Bismarck bascule.
Un obus de 406 du Rodney explose près des tourelles Anton et Bruno et les bloque.
(Il est probable que le même tir se répercutant par éclats sur la passerelle ait tué instantanément l’amiral Lutjens , car on n’entendra plus jamais parler de lui).
Le massacre commence.
Un obus de150 mn du Norfolk détruit le poste avant de contrôle de tir, tuant Adalbert Schneider et sa courte vie de croix de chevalier. Coïncidence étrange la même mésaventure est arrivée au Hood.
Ainsi le Bismarck est dès le début privé de la moitié de son artillerie lourde.
—Qu’est-ce qu’il attend ?.
Müllenheim Rechberg attend les ordres de tir de Schneider.
Fredrich Cardinal aux commandes de la salle avant de contrôle de tir répond :
—La communication avec le poste de contrôle principal est coupée. Les tourelles Anton et Bruno sont hors service. Schneider ne répond plus.
Rechberg devient donc responsable des tourelles arrière César et Dora derniers 380 de l’artillerie lourde.
Le Rodney ayant disparu pour se placer en meilleure position de tir. Rechberg concentre le tir sur le King George V s’approchant rapidement.
—Feu !
Rechberg rivé à son appareil de visée a ordonné le tir. Pas facile avec le cap erratique du cuirassé, mais il arrive à peu près à se débrouiller.
César et Dora se déchainent, tirant salve sur salve et encadrent le King George V.
Brusquement une explosion projette Müllenheim Rechberg en arrière et détruit l’appareil de visée.
Désormais le Bismarck est aveugle.
—Tir sans réglage. Ordonne l’officier.
César et Dora tirent désormais au jugé.
9h15 :
C’est la fin.
Le King George V et le Rodney s’approchent sans hésiter pour utiliser aussi l’artillerie moyenne. C’est à ce moment que l’enfer commence.
Une grêle meurtrière s’abat sur le Bismarck.
Le cuirassé est entouré de geysers, ses superstructures envahies d’explosions ininterrompues. Les cuirassés Anglais tirant presque au pointage négatif, les obus rebondissent sur la mer et la coque.
Dans les soutes ont entend le martèlement des explosions et l’ébranlement des tirs de César et Dora. Tout blindage léger est percé comme du gruyère.
Les communications internes sont rompues. Dans la proue régulièrement percée les cadavres s’accumulent.
9h21 :
Un obus de 406 touche César. Les servants s’en sortent mais les canons sont faussés.
9h30 :
Le canon tribord de Dora explose.
9h31 :
Tous les canons du Bismarck se taisent.
Mais les Anglais continuent le tir sans ralentir. (2876 obus furent tirés, dont 719 d’artillerie lourde)
Désormais le cuirassé n’est plus qu’une épave en feu. A chaque coup au but, les plaques de blindage des ponts se soulèvent pour retomber dans un tourbillon d’étincelles.Mais le Bismarck ne s’enfonce pas. Son blindage principal et ses cloisons maitresses résistent.
De son poste de commandement en dessous du kiosque d’observation le capitaine Oels réalise que le cuirassé ne coulera pas. Non seulement les Anglais vont continuer à tirer tant qu’il flottera, mais ils risquent même de remorquer l’épave. Cette dernière perspective insupportable pour l’Allemagne lui fait ordonner :
—Exécutez la manœuvre numéro 5. Sabordez le navire.
C’est lui qui assure désormais le commandement du Bismarck.
Oels et son état major gagnent l’arrière du cuirassé car la proue est ravagée par le feu.
Gerhard Junack est à son poste dans la salle des machines lorsqu’il reçoit l’ordre suivant :
—Sabordez le navire. Dit Walther Lehmann.
Junack acquiesce l’air grave. Il va inspecter les cloisons de la salle des machines afin de s’assurer qu’elles sont ouvertes. Puis il ordonne aux quartiers-maîtres :
—Allumez les mèches des charges de sabordement !.
Ces charges sont placées sur le circuit de refroidissement afin de noyer les chaudières et les machines. Les soutiers exécutent l’ordre, puis tout le monde quitte son poste.
L’ordre de sabordage a été aussi reçu à la poupe par le premier maître Wilhelm Schmidt responsable de l’équipe des avaries. 4 ou 5 obus ont ravagé la poupe dont le système d’éclairage et de ventilation sont détruits.
Il entend :
—Exécution de la manœuvre n°5 !.
Aussitôt il inverse les pompes pour inonder les lieux et demande à ses hommes de le suivre vers les ponts supérieurs. Ils y parviennent à travers les trous d’obus car tout le reste est effondré ou bouleversé.
Heinz Jucknat, Adolf Eich et Franz Halke rampent à travers le navire en ruine au milieu d’amas de ferrailles brulantes et tuyauteries crevées. Ils réussissent à gagner le pont en forçant une écoutille. Aussitôt un liquide brunâtre et visqueux leur coule dessus.
—Mon Dieu Heinz, mais c’est du sang !.
Dans le poste intérieur de commandement le marin Josef Stratz voit les clignotants du panneau de contrôle indiquer que le navire se remplit d’eau rapidement. Il quitte le poste pour rejoindre les ponts supérieurs mais c’est impossible tout est effondré ou obstrué.
—Viens par ici.
Deux marins l’interpellent. Ils s’engagent tous 3 dans un conduit blindé de ventilation aboutissant à l’air libre. Après une horrible reptation dans la graisse, ils sortent enfin épuisés. Un obus volatilise aussitôt les 2 marins et blesse Stratz.
Les survivants sortent hébétés des fonds du navire. Un spectacle dantesque s’offre à eux. Il ne reste aucune trace des canons anti-aériens et projecteurs du poste arrière. La cheminée est percée comme une écumoire. Partout des morceaux humains et du sang jonchent les ponts.
Le capitaine Oels monte sur le pont à ce moment à la tête d’une centaine d’hommes qu’il a réussit à extraire des fonds et emmener avec lui. Ils sont tous tués de plein fouet par le dernier tir Anglais. Voyant cela un canonnier devient fou et se met à tirer sur des avions imaginaires.
10h15 :
Les Anglais cessent le feu.
Le Bismarck commence à giter fortement sur bâbord.
Heinz Jucknat lui, demeure insensible au sang ruisselant sur le pont et les incendies. Hébété dans un état second les oreilles bourdonnantes, il s’assied par terre pour fumer une cigarette.
—Je peux en avoir une ?
Jucknat se retourne et voit un marin ramper vers lui. Comme dans un cauchemar il s’aperçoit qu’il lui manque les 2 jambes. Pourtant l’homme ne saigne pas tant ses moignons sont brulés. Jucknat lui allume sa cigarette.
Tandis qu’ils fument côte à côte un autre matelot s’approche.
— Jette-moi par-dessus bord. Demande le mutilé.
L’autre le regarde interloqué :
—Je ne peux pas faire ça !.
—Je t’en supplie, je suis foutu !.
L’homme hésite quelques instants, puis soulève l’infirme.
Jucknat détourne son regard.
Le Bismarck s’incline de plus en plus, mais les Anglais semblent ne pas s’en rendre compte.Un croiseur s’approche (le Dorsetshire) et tire 3 torpilles. A part des morts supplémentaires, le cuirassé ne semble pas affecté par cette nouvelle attaque.Il coule au rythme du sabordage.
De plus en plus de marins se jettent à la mer, d’autres hésitent, certains chantent de vieux refrains.
10h20 :
Cette fois le cuirassé adopte un angle inquiétant. Il devient difficile de tenir debout.Juknat décide lui aussi de se jeter à l’eau. Il enlève ses bottes, son uniforme et enfile son gilet de sauvetage. Puis trouvant un endroit favorable se laisse glisser dans la mer.
Adolf Eich,Gerhard Junack, Franz Halke suivent le même chemin. Quelques fous sautent la tête la première et se brisent la nuque. Cardinal et Stratz se sauvent par l’avant du navire.
Müllenheim Rechberg pense un instant récupérer ses affaires personnelles. Voyant les regards de ses hommes tournés vers lui, il se rappelle son devoir et demeure avec eux. Il organise leur sauvetage et les regroupe autour de Dora :
—Attendez avant de sauter à la mer, ça vous fera moins de temps dans l’eau glacée. Les Anglais ne sont pas loin. Ils vont nous recueillir.
Le Bismarck s’enfonce lentement par bâbord et par la poupe.
—Saluez le drapeau !. Ordonne Rechberg.
Tout le monde salue et se jette à la mer.
Heinz Juknat qui surnage est stupéfait d’apercevoir Lindemann et un jeune marin sur le gaillard avant. Lindemann semble lui ordonner de sauter à l’eau.
Ce dernier refuse et reste avec lui. Les deux hommes saluent tels des héros Wagnériens
Quelques minutes plus tard le Bismarck coule par l’arrière. Sa proue profilée pointe majestueusement vers le ciel et disparaît.
Il est 10h36.
Du côté Anglais on est fébrile. 12 Swordfishs tournent au dessus du naufrage.
Ils devaient lancer des torpilles, mais le feu à été tel qu’ils n’ont pu prendre le risque de piquer dans cet enfer.
Au bout d’une heure de tir ininterrompu à bord du Rodney et du King Georges V il y a autant de dégâts que si le Bismarck les avait touchés.
Les canons du King sont tombés en panne et il y a des meubles brisés sur tout le navire. A bord du Rodney c’est pire encore, tous les canons de gros calibre ont sautés hors de leurs affuts et les carrelages sont brisés ainsi que les meubles et la vaisselle. Les ponts sont défoncés, les rivets desserrés. Il y a des fuites d’eau partout.
A court de carburant l’amiral Tovey jette l’éponge et décide de rentrer. Il laisse au destroyer Maori et au croiseur Dorsetshire le soin de recueillir les survivants.
La mer est trop forte pour mettre des embarcations à la mer. Sur le Dorsetshire on lance des
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MessageSujet: Capital Ships   LE BISMARCK  EmptyMar 15 Nov 2011, 10:22

L'ancien a écrit:
[color=#ff0000][…]Le Rodney, à la curieuse silhouette[…]
Croiseur lancé en 1925, il dispose de neuf 406mm comme artillerie principale.[…]
Le 29 mai le croiseur espagnol Canarias ne trouva plus que 2 corps qui furent immergés avec les honneurs militaires.[…]
Le Rodney, un croiseur scratch ?? Je ne le pensais pas classé parmi les croiseurs (même … de bataille, Battlecruiser…), mais plutôt bâtiment de ligne, catégorie cuirassé (Capital Ship…). scratch

Very Happy Cette observation faite, l’article est passionnant et l’iconographie remarquable !

PS : Embarassed Je ne me souvenais pas qu’un croiseur espagnol (le Canarias) se fût aventuré dans ces parages… Embarassed
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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyMar 15 Nov 2011, 11:24

Et pourtant si...Il a meme participé aux recherches des rescapés...
On en a meme parlé sur le forum içi...
http://naval.forumactif.fr/f9-la-taverne-de-captain-crochet
pg 35à37....si tu veux connaitre l histoire Wink

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyMar 15 Nov 2011, 19:11

Bonsoir merci pour ce récit amitiés
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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptySam 12 Sep 2015, 16:31

LE BISMARCK - VOICI LE RECIT DE SURCOUF IN-EXTENSO ADDITIONNE DE PHOTOS PUBLIEES PAR AD'HOC.

BISMARCK PAR SURCOUF


Aujourd'hui abordage d'un gros sujet qui devrait plaire à tous. L'histoire de l'opération Rhin, dernière sortie du Bismarck vue du coté Allemand uniquement. Gros travail de recherche, mais facilité par le livre de C.S Forester
"coulez le Bismarck" (j"ai lu), mais surtout celui de Robert D.Balard "la découverte du Bismarck" (Glénat)remarquablement précis.Travail au long cours, donc Je livrerai l'histoire en plusieurs fois, sans doute sur plusieurs mois. Début aujourd'hui. Bonne lecture.
Surcouf.[/color]

je me souviens parfaitement de ce livre que j'ai lu étant jeune (et même plusieurs fois), c'était une magnifique collection de plus de 100 volumes sur la seconde guerre mondiale.
Récit excellent, je l'ai copié collé avec mon traitement de textes, il viendra compléter ce que j'ai déjà à savoir la revue Loos HS6 et HS7 sur le Bismarck qui retrace l'odyssée de ce bâtiment, Merci

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptySam 12 Sep 2015, 17:18

Bravo !

Une petite correction cependant : les deux photos représentant l'explosion du Hood sont en fait celles du naufrage du Barham en Méditerranée avec l'explosion de ses soutes à munitions. Une erreur qui prend sa source dans les premiers documentaires des années 50 (on n'avait pas d'image alors on a pris quelque chose d'approchant). Puis, comme les auteurs copient les uns sur les autres sans trop vérifier à la source l'erreur se reproduit depuis des dizaines d'années.

Un schéma du Suffolk au moment de la chasse au Bismarck :
HMS Suffolk : http://www.world-war.co.uk/popup1.php3?file=Kent/suffolk412_lge.jpg

_Bruno

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptySam 12 Sep 2015, 17:50

Je confirme, le Rodney et son sister ship le Nelson ne sont pas des croiseurs mais bien des cuirassés...

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptySam 12 Sep 2015, 18:11

Pour apporter à ce sujet, voici un rapport sur les dommages subis par le Rodney lors du combat contre le Bismarck.
Le cuirassé Rodney, avec ses neuf pièces de 406 fut le principal "exécuteur" du cuirassé allemand et ses huit 380.
Il avait été détourné de son convoi pour la chasse au Bismarck alors qu'il s'apprêtait à gagner les USA pour une refonte et modernisation (il transportait les futurs pom-poms en caisses sur le pont).
A bord se trouvaient des passagers allant ou retournant aux States. Le Chief petty officer Miller de l'USN a assisté au combat depuis la passerelle. Voici son compte-rendu.
Il est curieux de constater qu'il subit des dommages considérables à cause du choc des tirs de ses propres canons (qui tiraient non-stop à cadence maximale), pires que les quatre impacts des 150mm du Bismarck :

ENEMY ACTION
The ship received four (4) hits—all 5.9" shells.
Damage from these hits were very minor, no structural damage being sustained whatsoever.
One (1) hit in H.A. Director, causing a small hole in the bulkhead—no damage.
One (1) hit in the starboard Marine compartment, causing a 6" hole in the starboard side of the ship—above water line—no damage.
One (1) hit in a stateroom just abaft of the conning tower, causing a small hole by splinter—no damage.
One (1) hit in the CPO mess, starboard side, causing a 6" hole, above the water line—no damage other than to three lockers containing personal clothing.

OWN ACTION
Damage sustained from contusion of broadsides was very considerable, causing undue discomfort to the personnel and much work on their part to make compartments habitable.
Tile decking in washrooms, water closets and heads were ruptured throughout the ship. Urinals were blown off bulkheads, water pipes broken, and heads flooded.
Longitudinal beams were broken and cracked in many parts of the ship having to be shored. (Note: ship constructed with longitudinal beams instead of athwarthships as is the case in practically all ships.) The overhead decking ruptured and many bad leaks were caused by bolts and rivets coming loose. All compartments on the main deck had water flooding the decks. The British navy does not use swabs but wet rags to mop up any excess water, not only requiring considerable more man hours but also not accomplishing an efficient job as a swab.
Cast iron water mains were ruptured and in many instances broke, flooding compartments.
Electric lighting in compartments was left on during the action. All electric lights were disintegrated and bulbs and sockets snapped off the leads causing live wires to be existent throughout the ship.
Bulkheads, furniture, lockers and fittings were blown loose causing undue damage to permanent structures when the ship rolled.

En clair et pour paraphraser Audiard : les occupants du Rodney se sont tellement bien amusés entre eux qu'ils n'avaient même plus besoin du Bismarck pour faire des dégâts...
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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptySam 12 Sep 2015, 19:45

Merci d'avoir ressorti ce texte des archives.
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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptySam 12 Sep 2015, 20:42

Un joli "Rodney" à voir ici :

http://www.shipmodel.com/models/rodney-waterline-stm-

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyDim 13 Sep 2015, 00:22

Je n'ai pas souvenir que la Suède ai possédé un porte- avion.
Le Gotland est un croiseur.
Cordialement

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyDim 13 Sep 2015, 09:46

C'est une sorte de croiseur porte-aéronefs:

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyDim 13 Sep 2015, 09:52

Bien le bonjour

C'est plus tot un porte hydravion

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/>
LE BON DIAMETTRE POUR LE PASSAGE DE LA GODILLE ( ENGOUJURE ) 
DANS LE TABLEAU ARRIERE  C'EST LE DIAMETTRE D'UNE BOUTEILLE DE VIN 
( 75 mm )
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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyDim 13 Sep 2015, 09:54

Oui, selon la terminologie suédoise un flygplanskryssare (prononcer Flügplans Krüsseur), littéralement un "croiseur d'aviation"
_Bruno

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyMar 15 Sep 2015, 06:58

comme quoi il n'y a pas que les japonais pour faire des hybrides Wink

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyMar 15 Sep 2015, 15:05

Ce récit est superbe, il peut être complété agréablement par les deux Numéros de la revue LOOS HS6 et HS7 (14€90 chacun) qui retracent la carrière du Bismarck de sa construction à sa destruction, avec de nombreux renseignements photos et croquis du camouflage.
A titre d'exemple, la veille d'être coulé, le toit des tourelles de 380mm et 150mm ont été peintes en jaunes pour permettre l'identification du vaisseau par la Luftwaffe, la peinture jaune n'ayant pas tenu sur les tourelles de 150mm trop exposées aux vagues de l'Atlantique
Quelles est la source de ces deux récits (côté Anglais et Allemand ?).

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MessageSujet: Re: LE BISMARCK    LE BISMARCK  EmptyMar 15 Sep 2015, 16:42

Le bouquin de Forrester (un GRAND souvenir d'enfance pour moi) date de 1959 (première édition). CS Forrester est mort en 1966, sept ans avant que les britanniques ouvrent au public les archives secrètes qui concernaient peu ou prou l'emploi des techniques de décodage des messages allemands.
Le fameux épisode de cassage du code Enigma fut tenu très longtemps secret après guerre car les Soviétiques utilisaient un code de la même famille et révéler les exploits de décryptage des Anglais pendant la guerre serait revenu à indiquer aux Russes que leur code était aussi décrypté.
Les personnels de Bletchey Park s'étaient engagés à ne rien révéler de leur vivant sous peine de condamnation pour trahison.

Forrester s'appuie sur les archives disponibles à l'époque, ainsi que sur les témoignages des survivants dans ce qu'il a eu le droit de consulter des interrogatoires par les Anglais.

De plus, pour des raisons de propagande à l'époque, les deux parties ont eu intérêt à "déformer" les évènements pour "tirer la couverture à eux" :
- Les allemands avaient intérêt à pousser en avant certains faits pour "faire passer la pilule", car envoyer deux grosses unités sans escorte et sans couverture aérienne, annuler la mission parce qu'un simple obus du Prince of Wales a percé un réservoir de mazout et admettre que le Bismarck souffrait d'un problème sérieux de conception (fragilité de la poupe), cela pouvait faire mauvais genre, stratégiquement parlant.
- Les anglais devaient faire avaler la couleuvre de la perte du Hood au bout de quelques minutes de combat. Malchance, certes, mais faiblesse de conception connue depuis 1919. L'unité maitresse de la Royal Navy, l'emblème de la marine et la fierté de l'Empire pendant les vingt années précédentes réduite à néant avec trois survivants, c'est quelque chose difficile à faire passer auprès de l'opinion publique en ces temps incertains. Et l'extraordinaire série de coups de chance qui a permis de retrouver le navire en plein milieu de l'Atlantique, de coordonner une attaque aérienne improbable par mauvaise mer, de le toucher d'une seule torpille au seul endroit où il ne fallait pas et au moment précis où les gouvernails étaient braqués, avouez que si on proposait un tel scénario pour un film il serait rejeté d'entrée comme irréaliste.

En bref :
- La propagande allemande a "survendu" les qualités du navire pour masquer les manquements graves dans la tactique et la construction.
- La propagande anglaise a "survendu" l'organisation de la chasse au Bismarck pour masquer la faiblesse de ses grandes unités obsolètes et l'incroyable chance dont elle a bénéficié.

Pour compléter Forrester (et non l'infirmer, il ne raconte pas d'histoires, il manque juste quelques détails) on peut consulter les études de Jurens (un ingénieur naval américain) sur les causes de la perte du Hood et du Bismarck réalisées à partir des observation des épaves par Ballard qui sont parues dans Warship International (INRO) il y a une quinzaine d'années.

Il y a aussi ce log retravaillé d'après les archives ouvertes depuis 1972 qui complète l’œuvre de Forrester :
www.kbismarck.com/archives/bs-ktb.zip

_Bruno

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